Bermudes Lorient – Défi Pure Ocean : l’équipage du JP54 au cœur d’une tempête !

Des nouvelles de l’équipage du #JP54 « Notre Méditerranée – Ville de Nice » !
Après un départ des Bermudes avec des conditions magnifiques, l’équipage du JP54 a essuyé une tempête au 5ème jour de course.

Alors que les équipiers ont été malmenés par la tempête et sont maintenant fatigués, une accalmie semble se profiler à l’horizon. L’équipage va enfin pouvoir se reposer.

À travers le récit d’un membre d’équipage, nous pouvons constater que l’équipage se démène pour aller au bout de cette aventure, relever ce Défi et ainsi lever des fonds pour la recherche scientifique océanique.

Pure Ocean remercie infiniment les membres d’équipage pour leur implication dans ce Défi qui n’aura jamais mieux porté son nom :

Mardi 10 Mai 19h30 UTC
Nous venons de vivre 24 heures d’enfer. Le bateau à l’intérieur est en vrac, compartiment poubelle arraché? Vêtements étalés partout, saleté. Hier après midi nous avons affalé le spi noir de 320m2 et viré de bord et avons commencé à remonter vers le nord au près.

A cette allure le vent apparent est la somme du vent et de la vitesse du bateau, ce qui fait que sur le pont on avait l’impression d’être dans un coup de vent, bien que le vent soit moins fort que précédemment. Les vagues étaient hautes et irrégulières, le bateau prenait un angle très fort et à chaque vague il retombait en frappant l’eau d’une façon effrayante : j’avais l’impression qu’on donnait des coups de bélier dans la coque et qu’elle ne pouvait que finir par céder.

Du fait de l’angle et des mouvements désordonnés, il est très difficile de se mouvoir, on est obligé de se tenir avec les mains en permanence, on est penchés en permanence pour résister à la gravité, et on est projeté de façon imprévisible. Si on lâche les mains un instant par exemple pour s’habiller on peut être projeté contre une paroi. Au poste de barre on peut tomber, glisser et se retrouver de l’autre côté du bateau devant l’autre barre.

Dans les couchettes on est écrasé contre la paroi latérale. Tout est mouillé, nous portons les cirés de haute mer et les bottes, mais les paquets d’eau entrent par le visage et le cou, par les manches, et même par les bottes quand je me suis trouvé à genoux dans un coffre plein d’est pour récupérer une voile. Lors de la prise de quart, c’est long de s’équiper, on se cale le dos contre une paroi. Inutile de mettre des sous vêtements secs à chaque quart, il faudrait se changer toutes les 6 heures et on épuiserait la réserve de vêtements secs, alors on remet ce qui est mouillé, ou on se repose sans rien enlever. Finalement je suis mieux dehors : on voit les vagues, la vitesse, le vent. Malgré le vent et le froid, c’est exaltant, alors qu’à l’intérieur, c’est la désolation, on se sent misérable, et impossible de ranger ou nettoyer.

Ce matin nous avons vu des dauphins, une quinzaine, autour du bateau !! Nous économisons l’électricité de façon drastique, on n’utilise plus le pilote automatique, les winches ont été passés en mode manuel, on n’allume l’ordinateur que ponctuellement. 

Il pleut. Nous n’avons pas pu faire de plat chaud pendant 24 heures, la gite et le tangage et les chocs qui faisaient tout trembler rendaient impossible l’usage du réchaud et de la bouilloire.
Là il y a une accalmie, qui était prévue, ce qui me permet d’écrire le journal, nous avons allumé le groupe électrogène, rangé un peu.

N’hésitez pas à vivre la course en direct grâce à notre carte interactive Advanced tracking qui est mise à jour en temps réel !